Dans une chronique du 25 novembre 2007 sur Europe 1 (http://www.europe1.fr/informations/chronique-t2.jsp?idboitier=767123#), Jacques Attali évoque avec justesse l'intérêt pour l'Europe de disposer d'une racine ONS (*) propre (sa mise en oeuvre sera annoncée le 03 décembre prochain).

Cette racine ONS permettra, dans le contexte EPCGLobal (**), de maintenir une certaine indépendance vis-à vis des Etats-Unis.
SIAIGE ne peut que s'en féliciter, nous qui avons - parmi d'autres - milité depuis de nombreuses années pour alerter les gouvernements, la commission Européenne ou les organismes de normalisation.
Nous tenons donc à remercier publiquement GS1 France pour avoir porté ce projet qui permet d'avancer dans le bon sens.

Deux questions se posent cependant autour de cette annonce :

- La standardisation EPCGlobal sera-t-elle la seule à sous-tendre l'Internet des Objets ?
Les standards EPCGlobal ne définissent en effet aujourd'hui que ce qu'il est convenu d'appeler "le réseau EPC". Le passage a la notion générique d'Internet des Objets nécessite la possible prise en compte de solutions alternatives ou, à tout le moins, la mise en perspective des différentes solutions proposées pour un même besoin.

- Quid du contrôle de l'espace de nommage "EPC" qui est assuré aujourd'hui par l'organisation EPCGlobal (moyennant finance), dépendant de GS1 ?
GS1 est un organisme paritaire qui ne représente à date essentiellement que les entreprises de la grande Distribution (les consommateurs, les citoyens et d'autres secteurs d'activité n'y sont pas spécifiquement représentés). EPCGlobal dont la vocation est multisectorielle reste dépendant de GS1 et, même si l'espace de nommage EPC permet la prise en compte de codifications externes à GS1, le modèle actuel de souscription ne permet pas d'ouvrir facilement le réseau à certaines catégories d'acteurs (PME, citoyens, pouvoirs publics, etc.). Le réseau EPC ne deviendra donc l'Internet des Objets que s'il sait s'adapter facilement à tous les utilisateurs, les plus gros comme les plus petits.

Pour répondre à ces questions, plusieurs pistes sont envisageables :

- l'ouverture de GS1 à d'autres acteurs de la vie économique et citoyenne (GS1 dispose en effet d'une crédibilité en matière de représentativité basée sur son expérience)

- l'indépendance d'EPCGlobal vis à vis de GS1 (et de tout autre organisme) et donc un changement dans sa direction (actuellement 50% GS1 US et 50% GS1 global)

- le transfert des standards EPCGlobal à des organismes tiers disposant d'une gouvernance plus "généraliste"

- un modèle économique plus adapté s'agissant de l'espace de nommage EPC.

- etc.

L'auteur de ces lignes, qui se félicite personnellement de cette annonce, ne prétend pas trouver les bonnes solutions :
il n'a pour ambition que d'ouvrir le débat pour continuer dans une direction qui lui semble bonne et sur laquelle beaucoup d'organisations ou de gens semblent désormais engagés.
Nombre d'acteurs (GS1, EPCGlobal) ont par ailleurs une légitimité historique pour jouer un rôle prépondérant dans cette histoire qui reste, pour l'essentiel, à écrire.

PG

(*) et (**) voir billets ci-dessous (publiés précédemment sur le blog).