Gouvernance de l'internet des Objets - ONS Européen et Chronique de Jacques Attali
Par Philippe GAUTIER le jeudi 29 novembre 2007, 11:31 - Economic Warfare and Competitive Intelligence - Lien permanent
Dans une chronique du 25 novembre 2007 sur Europe 1 (http://www.europe1.fr/informations/chronique-t2.jsp?idboitier=767123#),
Jacques Attali évoque avec justesse
l'intérêt pour l'Europe de disposer d'une racine
ONS (*) propre (sa mise en oeuvre sera annoncée le 03 décembre
prochain).
Deux questions se posent cependant autour de cette annonce....
Dans une chronique du 25 novembre 2007 sur Europe 1 (http://www.europe1.fr/informations/chronique-t2.jsp?idboitier=767123#),
Jacques Attali évoque avec justesse
l'intérêt pour l'Europe de disposer d'une racine
ONS (*) propre (sa mise en oeuvre sera annoncée le 03 décembre
prochain).
Cette racine ONS permettra, dans le contexte EPCGLobal (**), de maintenir une certaine
indépendance
vis-à vis des Etats-Unis.
SIAIGE ne peut que s'en féliciter, nous qui avons -
parmi d'autres - milité depuis de nombreuses années pour alerter les
gouvernements, la commission Européenne ou les organismes de
normalisation.
Nous tenons donc à remercier publiquement GS1 France pour avoir porté ce projet qui permet
d'avancer dans le bon sens.
Deux questions se posent cependant autour de cette annonce :
- La standardisation
EPCGlobal sera-t-elle la seule à sous-tendre l'Internet des Objets ?
Les standards EPCGlobal ne définissent
en effet aujourd'hui que ce qu'il est convenu d'appeler "le réseau EPC". Le passage a la notion générique
d'Internet des Objets nécessite la possible prise en compte de solutions
alternatives ou, à tout le moins, la mise en perspective des différentes
solutions proposées pour un même besoin.
- Quid du contrôle de
l'espace de nommage "EPC" qui est assuré aujourd'hui par l'organisation
EPCGlobal (moyennant finance), dépendant de GS1 ?
GS1 est un organisme paritaire qui ne représente à date essentiellement que les
entreprises de la grande Distribution (les consommateurs, les citoyens et
d'autres secteurs d'activité n'y sont pas spécifiquement représentés).
EPCGlobal dont la vocation est multisectorielle reste dépendant de GS1 et, même
si l'espace de nommage EPC permet la prise en compte de codifications externes à
GS1, le modèle actuel de souscription ne
permet pas d'ouvrir facilement le réseau à certaines catégories d'acteurs (PME,
citoyens, pouvoirs publics, etc.). Le réseau EPC ne deviendra donc l'Internet
des Objets que s'il sait s'adapter facilement à tous les utilisateurs, les plus
gros comme les plus petits.
Pour répondre à ces questions, plusieurs pistes sont envisageables
:
- l'ouverture de GS1 à d'autres acteurs de la vie économique et citoyenne
(GS1 dispose en effet d'une crédibilité en matière de représentativité basée
sur son expérience)
- l'indépendance
d'EPCGlobal vis à vis de GS1 (et de tout autre organisme) et donc un
changement dans sa direction (actuellement 50% GS1 US et 50% GS1
global)
- le transfert des
standards EPCGlobal à des organismes tiers disposant d'une gouvernance plus
"généraliste"
- un modèle économique plus adapté s'agissant de l'espace de nommage
EPC.
- etc.
L'auteur de ces lignes, qui se félicite personnellement de cette annonce, ne
prétend pas trouver les bonnes solutions :
il n'a pour ambition que d'ouvrir le débat pour continuer dans une direction
qui lui semble bonne et sur laquelle beaucoup d'organisations ou de gens
semblent désormais engagés.
Nombre d'acteurs (GS1, EPCGlobal) ont par ailleurs une légitimité historique
pour jouer un rôle prépondérant dans cette histoire qui reste, pour
l'essentiel, à écrire.
PG
(*) et (**) voir billets ci-dessous (publiés précédemment sur le blog).
Commentaires
Ayant travaillé sur le sujet au travers de projets pilotes expérimentant entre autre l'utilisation de la RFID, de l'ONS et des EPCIS (standards EPCGlobal), je suis tout à fait d'accord avec vous sur ces questions de "monopole" technologiques autour de l'Internet des objets.
En effet, les possibilités d'ouverture et de partage d'informations évènementielles sur les objets, proposées par l'Internet, sont aujourd'hui, assez paradoxalement, "cantonnées" à des technologies standardisées par EPCGlobal et finalement peu implémentées à cause, je pense, de ces questions de "monopole".
L'ONS propose une solution fonctionnelle très encourageante sur ces aspects d'ouverture et de partage mais limitée aux informations "statiques".
Or, les travaux en cours sur l'Internet des objets vont permettre à la fois d'offrir d'autres solutions technologiques mais aussi d'entrer de plein pieds dans le monde virtuel des objets via l'accès, en temps réel, aux informations évènementielles dynamiques liées aux objets.
L'objet virtuel n'est plus seulement le moyen d'obtenir des informations, il est "communiquant".
Bienvenue dans le monde "Second Life" des objets !
PL